La stratégie d’investissement CAN SLIM

Les secrets d'une des stratégies d'investissements les plus performante depuis des dizaines d'années.

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La stratégie CAN SLIM a été inventée et développée dans les années 1960 par William J. O’Neil. Il est un investisseur américain également fondateur du journal d’information Investor’s Business Daily. CAN SLIM est en fait l’acronyme de sept facteurs à prendre en compte au moment d’acheter les titres d’une entreprise afin d’identifier les plus performants. Elle a été élue « meilleure stratégie d’investissement de 1998 à 2009 » par l’American Association of Individual Investors.

CAN SLIM : Une stratégie d’investissement performante

En plus d’avoir été nommée par l’AAII stratégie d’investissement la plus performante pour la décennie 1998-2009 (crise de 2008 incluse), la méthode CAN SLIM a fait l’objet de nombreuses études qui ont démontré son efficacité. Dans une projection de 2018, l’AAII a encore une fois signalé que, sur le long terme, la méthode d’O’Neill offrait un rendement annualisé quatre fois supérieur à celui du S&P 500 (croissance du capital de 20 % contre 5,4 %).

Dans son comparatif le plus récent des stratégies d’investissement populaires, l’AAII indique également que, dans la catégorie « Growth with Price Momentum strategies », c’est la méthode CAN SLIM qui offre les meilleures performances sur la valeur globale du portefeuille:

+ 20 % quand l’autre stratégie la plus performante de sa catégorie – la stratégie Driehaus – ne fait croître le portfefeuille que de 12,4 %.

Dans une étude publiée en 2014, Crum, Lutey et Rayome (tous les trois chercheurs dans des universités américaines) ont constaté que, de 1999 à 2013, investir avec la stratégie CAN SLIM a produit une surperformance de plus de 10 % par an comparativement  à un indice de référence tel que le NASQAD 100.

Si CAN SLIM a donc montré depuis plus de 20 ans le potentiel de sa stratégie, il est néanmoins important de rappeler que, en matière d’investissement, les performances passées ne présagent pas des performances futures.

Performances annualisées de CAN SLIM depuis 2003

  • CAN SLIM 20% 20%
  • STRATÉGIE DRIEHAUS 12,4% 12,4%
  • S&P 500 5,5% 5,5%
  • CAC 40 4,5% 4,5%

Valeur (à fin 2019) de 1 000 € investis en 2003 :

CAN SLIM

Euros

DRIEHAUS

Euros

S&P 500

Euros

Les sept critères de la stratégie CAN SLIM

C de CAN SLIM

C Pour Current quarterly earnings per share (Revenus trimestriels par action)

Ce critère consiste à sélectionner les titres dont le bénéfice par action a augmenté de 25 % par rapport au même trimestre l’année précédente. 25 % est un minimum, mais plus l’augmentation de la valeur du titre est importante (et récente), plus elle indique de bonnes performances futures. Vous pouvez également prendre en compte le rendement des capitaux propres (Return on Equity ou « ROE ») qui doit être supérieur à 17%. Ainsi que la progression du chiffre d’affaire, qui doit être supérieure à 20 %.

A de CAN SLIM

A pour Annual earnings growth (croissance annuelle du bénéfice)

Ce critère doit permettre d’identifier les entreprises dont les bénéfices croissent de façon constante et exponentielle dans le temps. En effet, il consiste à analyser et à prendre en compte le taux de croissance composé annuel. Celui-ci doit être supérieur à 25 % tous les ans, durant les 5 dernières années. Ici encore, 25 % est un minimum, et un taux de croissance composé annuel stable élevé (de 50 % ou 100 %) est toujours préférable. C’est la stabilité de la croissance des bénéfices sur les dernières années qui compte, puisque c’est elle qui permet de vérifier de la force du titre sur plusieurs cycles du marché.

N de CAN SLIM

N pour New product or service (nouveau produit ou service)

Ce critère se base sur un constat simple : il faut une nouvelle offre de la part de l’entreprise pour entraîner une hausse de la valeur de ses actions. Il peut s’agir d’un nouveau produit ou d’un nouveau service ou de l’arrivée d’une nouvelle direction à la tête de l’entreprise. En outre, un changement majeur dans le secteur concerné (révolution technologique, pénurie matérielle ou flambée des prix) est aussi un facteur influent à surveiller.
O’Neill associe ce critère à la nécessité de se diriger vers des titres qui sortent de leur période de consolidation et s’apprêtent à rentrer dans une nouvelle période de hausse.

S de CAN SLIM

S pour Supply and demand (L’Offre et la demande

Pour O’Neill, le principe de l’offre et de la demande ne se contente pas de régir notre quotidien : c’est la loi la plus importante du marché. En conséquence, il recommande de toujours privilégier les actions disponibles en relativement petite quantité. Le calcul est simple : si une entreprise a 250 millions d’actions, il faudra un grand nombre d’achats (demande) pour voir sa valeur augmenter. En revanche, la valeur du titre d’une entreprise qui n’en a que 3 millions sera beaucoup plus impactée par une demande moindre. À performances égales dans les autres domaines, les actions disponibles en plus faible quantité sont donc toujours à privilégier.

L de CAN SLIM

L pour Leader or laggard (Leader ou suiveur)

Ce critère consiste à miser sur les entreprises leadeuses dans une industrie donnée. Elles peuvent être identifiés grâce à la prise en compte de leur force relative, c’est à dire de leur performance relativisée vis‑à‑vis‑des performances des entreprises de l’ensemble du secteur. Différents indices permettent de mesurer cette force relative et doivent servir de repères dans la prise de décision.

I de CAN SLIM

I – pour Institutional sponsorhip (Institutionels actionnaires)

Ce critère fait référence au fait que le soutien des « institutions » du marché est un bon indicateur des performances à venir d’un titre. Parmi ces « institutions », on compte les fonds spéculatifs, les fonds de pension, les compagnies d’assurances ou les banques. Pour répondre à ce critère, un titre doit être possédé par 3 à 10 institutions.
O’Neill appelle néanmoins à la prudence concernant les entreprises trop largement détenus par des institutions, car un simple mouvement de leur part peut déstabiliser le cours de l’action. En conséquence, il recommande de ne pas se positionner sur des entreprises possédées à plus de 50 % par une institution.

M de CAN SLIM

M pour Market direction (tendance du marché)

O’Neill préconise un examen quotidien des tendances du marché et rappelle que, même si une entreprise correspond parfaitement aux six premiers critères de sa méthode, une non prise en compte de la tendance globale du marché mènera à des pertes inévitables pour au moins trois actions sur quatre. Il faut donc prendre en compte des indices boursiers tels que le Dow Jones Industrial Average (DJIA), le NASDAQ OMX 100, le Standard & Poor’s 500 (S&P 500) ou le Investor’s Business Daily 6000 (IBD 6000). O’Neill, sans surprise, recommande bien évidemment ce dernier, produit par les experts de Investors Business Daily, son hebdomadaire.

Savoir vendre et acheter

Si les sept éléments de la méthode CAN SLIM indiquent clairement quand acheter (à la sortie de la période de consolidation), O’Neill recommande également de minimiser les pertes en se séparant des titres dès qu’ils atteignent un prix 7 à 8 % inférieur à leur prix d’achat. Il modère toutefois cette recommandation en indiquant que les actions solides que permet d’identifier la stratégie CAN SLIM préservent d’avoir à entreprendre ce genre de coupe. 

 

En résumé

La stratégie CAN SLIM combine les principes de l’investissement momentum et de l’analyse fondamentale pour identifier des entreprises à la croissance stable et pérenne, tout en prenant en compte les mouvements du marché et ceux des institutions reconnues et performantes. En raison de ses règles de sortie qui limitent la perte potentielle, elle est une stratégie de choix dans les périodes où les marchés sont haut.