Investir dans la croissance : Qu’est ce que le « Growth Investing » ?

Les entreprises en croissance sont un véritable pilier d'un investissement performant à long terme.

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Investir dans la croissance des entreprises

Le plus souvent, lorsque l’on s’intéresse aux marchés boursiers pour y investir, c’est que l’on espère une meilleure croissance de ses placements. Dans ce cas, pourquoi ne pas bâtir sa stratégie d’investissement en s’intéressant aux entreprises qui sont elles-mêmes en forte croissance ? Regardons d’un peu plus près en quoi consiste cette approche d’investissement factoriel

Investir dans la croissance : en quelques mots.

Une approche offensive

L’investissement en croissance est généralement considéré comme la partie « offensive » d’un portefeuille d’investissement. La partie « défensive » étant consacrée à la génération de revenus, à la réduction d’impôt ou à la préservation du capital.

En mettant du « facteur croissance » dans son portefeuille d’investissement, on cherche directement la croissance de son capital, pour l’avenir. Comme toute approche offensive, elle nécessite une méthodologie aux petits oignons ainsi qu’une excellente maitrise des bonne pratiques de l’investissement en bourse.

Une stratégie agressive

La poursuite de l’enrichissement en capital

L’investissement dans la croissance consiste essentiellement à investir dans des sociétés, des industries ou des secteurs en croissance et qui devraient poursuivre leur expansion sur une longue période. Pour cela, vous devez rechercher des entreprises qui ont démontré une forte progression de leurs résultats dans un passé récent. Alors, la continuation de cette croissance à l’avenir devrait permettre au cours de l’action de continuer à s’apprécier.

Des entreprises dont les actions sont chères

En bourse, la croissance se paye. Les investisseurs sont en effet enclin (et cela est parfaitement logique) à payer une « surprime » sur la valeur intrinsèque pour acquérir les actions d’une entreprise en forte croissance.

Regardez le cas Amazon, les actions de cette entreprise ont toujours été considérées comme chères. Beaucoup d’investisseurs ont vu le potentiel de croissance immense et ont ainsi accepté de payer très cher leurs actions. Afin d’illustrer ce propos, un cas d’école de l’investissement de croissance : Amazon.com Inc.

Amazon est depuis au moins 10 ans, considéré comme une action très, très chère. Cela n’a pas empêché le prix de l’action d’être multiplié par 22 en 10 ans ! Cela correspond à une performance annualisée de 37 % !!

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Amazon

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Nasdaq

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CAC 40 GR

Ci-dessous, voyez le graphique de cotation d’Amazon depuis 2008. En annotation, tous les ans, des critères d’évaluations basiques du prix de l’action :

Le PER, correspond au prix de l’action divisé par les bénéfices nets de l’entreprise. En termes simples, un PER de 10 signifie : chaque part de l’entreprise qui génère 1 € de bénéfice net, se paye 10 €.
Le prix/CA correspond au prix de l’action divisé par le chiffre d’affaires de l’entreprise. En termes simples, un prix/CA de 1 signifie : chaque part de l’entreprise qui génère 1 € de chiffre d’affaires se paye 1 €.

Soit, pour Amazon en 2008, afin d’« avoir » 1 $ de bénéfice net, il faut investir 35 $ dans l’action Amazon. Sachez qu’en 2018 on commence à considérer une action un peu chère à partir d’un PER de 20. Alors en 2008, en pleine crise financière, les marchés sont très bas. Un PER de 35 à cette époque est véritablement très élevé. Il fallait oser investir dans l’action.

Le contraste valeur/croissance

Vous pouvez aisément comparer l’investissement de croissance à l’investissement dans la valeur, car ils sont presque « opposés » :

Alors que les investisseurs axés sur la valeur recherchent des actions qui se négocient à un prix inférieur à leur valeur intrinsèque, les investisseurs axés sur la croissance se concentrent eux, sur le potentiel futur d’une société. Ils prêtent moins attention au prix d’achat.

Contrairement aux investisseurs axés sur la valeur, les investisseurs axés sur la croissance achètent des actions dont le cours se négocie à un prix supérieur à leur valeur intrinsèque. Ils supposent que la valeur intrinsèque augmentera et dépassera la valorisation actuelle de l’action.

Certaines catégories d’actions sont plus susceptibles de croître.

Par nature, certains secteurs d’activités sont plus enclins à croître dans le monde dans lequel nous vivons. Pour cause, la façon dont nos sociétés fonctionnent entraîne des courses à l’innovation de la part des entreprises. Parfois, certaines parviennent à mettre sur le marché une innovation qui va propulser ses résultats pendant des années.

Le secteur technologique et la santé

L'innovation apporte la croissance

Les entreprises qui développent de nouvelles technologies ou proposent des innovations dans les soins de santé peuvent être d’excellents choix pour les investisseurs qui recherchent des entreprises avec un fort potentiel de croissance. Les entreprises qui développent des produits populaires ou révolutionnaires peuvent voir le prix de leur action grimper de façon exponentielle dans un laps de temps relativement court.

Par exemple, le prix de l’action Pfizer était juste inférieur à 5 dollars par action en 1994 avant la sortie du Viagra. Ce médicament vedette a porté le cours de l’action à plus de 30 $ par action au cours des cinq années suivantes, grâce à l’approbation du médicament dans de nombreuses zones économiques.

Les petites capitalisations ou « small caps »

En bourse, on définit la taille d’une entreprise par sa « capitalisation boursière ». C’est le prix de l’action multiplié par le nombre d’actions totales. Il n’y a pas de définition exacte et universelle de ce que l’on considère comme une « petite capitalisation » par rapport à la moyenne ou grande capitalisation. Cela dit, la plupart des analystes considèrent que les sociétés, dont la capitalisation se situe entre 300 millions et 2 milliards d’euros, sont des petites capitalisations.

Les entreprises de cette catégorie sont souvent encore dans leur phase initiale de croissance et leurs actions ont le potentiel d’une appréciation substantielle de leur prix. Les actions de sociétés de petite capitalisation ont historiquement affiché des rendements supérieurs à ceux des grandes capitalisations, mais elles sont aussi considérablement plus volatiles et comportent un degré de risque plus élevé. Cela se vérifie souvent pendant les périodes de reprise post-récessions.

Comment définir les entreprises en croissance ?

Investir dans la croissance ? Les dividendes sont exclus

Croissance = investissement

Une jeune entreprise qui arrive sur un marché à peine éclot, va devoir grossir et surtout, maîtriser sa croissance pour accompagner la demande croissante du marché. C’est aussi valable pour une entreprise qui révolutionne un marché existant ; la demande va exploser.

Ainsi, ces entreprises dont le potentiel de croissance est grand vont devoir pratiquer une gestion adaptée : le financement de leur propre croissance. Embaucher, investir dans de nouveaux bâtiments, dans du matériel ; dans la formation de ses collaborateurs, dans la recherche et le développement, les brevets, etc. Pour cela, la très grande majorité des flux de cash dégagés par l’activité sont réinjectés dans l’investissement.

Le recours à l’endettement est également très courant, et très sain dans la mesure où il est utilisé avec prudence. C’est aussi pour cela que l’investissement dans la croissance comporte plus de risques : les entreprises sont parfois moins à même de surmonter une période difficile à la vue de leur profil financier (endettement, recherche et développement, masse salariale en hausse, etc.)

Les dividendes sont contraires à l’investissement

Connaissant le profil financier type d’une entreprise en croissance, il devient évident que les dividendes sont alors contre-productifs. L’argent qui sort de l’entreprise sous forme de dividendes n’est pas utilisé pour financer la montée en puissance de l’entreprise.En conséquence, vous devez vous interroger dans le cas où vous trouvez une action qui semble réunir les critères de croissances alors qu’elle verse un dividende important. L’investissement dans la croissance a pour seul but l’enrichissement par capitalisation, et non par la rente.

Les profits, la marge et les rendements de l’entreprise

Forte croissance des bénéfices passés

Vous devez chercher des entreprises qui affichent une solide, mais surtout régulière croissance des bénéfices historiques. La croissance minimale du bénéfice par action dépend de la taille de l’entreprise. Par exemple, cherchez une croissance d’au moins 5 % pour les grandes capitalisations, 7 % pour les moyennes et 12 % pour les petites capitalisations. L’idée de base est que si la société a affiché une bonne croissance dans un passé récent, il est probable qu’elle continuera à aller de l’avant.

Des entreprises qui gagnent de plus en plus d'argent

Forte marge opérationnelle

La marge opérationnelle d’une entreprise est calculée en déduisant du chiffre d’affaires toutes les dépenses liées aux ventes (sauf les taxes), puis en divisant par le chiffre d’affaires. Il s’agit d’un paramètre important à prendre en compte, car une entreprise peut connaître une croissance fantastique des ventes avec de faibles bénéfices. Si tel était le cas, cela pourrait indiquer que la direction ne contrôle pas les coûts.

En général, si une entreprise dépasse sa moyenne à cinq ans de ses marges opérationnelles — ainsi que celles de son industrie —, l’entreprise pourrait être un bon candidat pour la croissance.

Fort rendement des capitaux propres

Le rendement des capitaux propres (RCP) d’une entreprise mesure sa rentabilité en révélant le profit qu’une entreprise génère avec l’argent que les actionnaires ont investi. Il est calculé en divisant le résultat net par les capitaux propres.

Une bonne règle empirique consiste à comparer le RCP actuel d’une société au RCP moyen sur cinq ans de l’entreprise et de l’industrie. Des RCP stables ou en hausse indiquent que la direction fait du bon travail en générant des rendements grâce aux investissements des actionnaires et en exploitant l’entreprise de manière efficace.

Un momentum puissant

L’amélioration opérationnelle, la progression importante des ventes ainsi que les bonnes perspectives d’avenir doivent se voir dans les récents cours de l’action. Il est difficile d’avancer des chiffres de progression annuelle de l’action minimum pour considérer qu’elle est en croissance.

L’important est de comparer le comportement des cours par rapport au marché en général, mais aussi à l’indice sectoriel de l’action. C’est ce qu’on appel la force relative (RS). Ainsi, vous filtrez les périodes de correction boursière qui ont un impact sur n’importe quelle action. Une progression moyenne de 15 % annuelle est un bon début.

Vous comprendrez alors que le growth investing est étroitement lié au momentum investing.

Philip Fisher, le Benjamin Graham de l’investissement dans la croissance

Avec Benjamin Graham, Philip Fisher est l’un des rares investisseurs à succès à avoir eu une influence dans le style d’investissement de Warren Buffet. Le père de l’investissement dans la croissance, principalement sur les small caps et fervent défenseur du “Buy and Hold” (J’achète et je conserve). Pour en savoir plus sur ses méthodes et conseils d’investissements, vous pouvez lire son Best Seller traduit en français : Actions ordinaires et profits extraordinaires.

A retenir

Mettre en oeuvre une stratégie d’investissement « growth » est une bonné idée lors des phases d’expansion économique. Vous devez vous concentrer sur la recherche d’entreprises qui traduisent leur croissance économique en croissance du cours de bourse.

Une entreprise qui verse un dividende n’est pas bonne candidate, car une croissance pérenne implique son financement.