Comment investir en bourse sans risques ?

Investir en bourse sans risques est un art à la portée...de tous. découvrez deux méthodes d'investissement stratégique, décrites pas à pas.

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Les points clés

  1. Investir en bourse sans risques ? Le risque n’est jamais complètement nul
  2. Combien êtes-vous prêt à accepter de perdre pour maintenir votre patrimoine en total sécurité ?
  3. Une allocation d’actifs bien construite peut se traduire par une excellente performance avec un risque très faible
  4. L’impact d’un krach boursier puissant est maîtrisé et largement supportable
  5. Adapter son portefeuille à la monnaie de votre pouvoir d’achat
  6. La pertinence toute relative des fonds Euros.
  7. L’avantage fiscale ne doit pas pénaliser la performance.
  8. Une portefeuille d’actifs offert

​La notion de risque

J’en vois déjà quelques-uns prêts à me tomber dessus :

La bourse sans risque ? Mais bien sûr c’est de la poudre de perlimpinpin ! La bourse c’est risquée !

Avant toute chose, je pense qu’il est bienvenu de définir la notion de risque, afin qu’on se mette bien d’accord sur le sujet de cet article.

La garantie

Pour beaucoup, un placement qui n’est pas garanti, est un placement risqué. Oui par définition : le capital n’est pas garanti, donc on peut le perdre, donc c’est risqué !

Je suis en parfait accord avec cela. Là où mon avis diverge avec la majorité, c’est que ce type de protection est à réserver uniquement à l’épargne de précaution. C’est l’épargne que l’on doit garder en sécurité en cas de coup dur : entre 6 et 12 mois de charges, selon chacun. Exemple : vous dépensez 2 500 € tous les mois pour vous loger, vous nourrir, vous déplacer. Alors, vous devriez détenir environ 15 000 € d’épargne de précaution, sur un livret A, un PEL, etc.

Le reste de l’épargne financière doit vous permettre de combattre l’inflation efficacement et de préparer l’avenir à long terme.

Et pourtant, les fonds Euros en France débordent !

Alors devons-nous vraiment prendre ce critère comme une référence quant au risque pris sur notre épargne financière de long terme ?

Mon avis : non. Dans le meilleur des cas, le rendement NET d’inflation sera à peine positif, voire négatif.
Cela veut dire que l’augmentation de votre capital ne dépendra que de votre travail, de vos revenus, ou de vos biens immobiliers (qui rappelons-le, ne sont pas garantie).

La volatilité

Voilà le vrai coupable ! C’est la volatilité qui représente vraiment le risque perçu d’un placement boursier. Les prix varient en permanence. Lors de crises financières, nous voyons partout des reportages, des articles de presse alarmistes.
C’est un fait, en 2008, les marchés actions ont pris une belle gamelle. Même si aujourd’hui le rendement est nettement positif depuis 2008, entre le point haut et le point bas de la crise, certains indices boursiers ont chuté de plus de 50 %. Dans le jargon financier, nous appelons cette donnée, le « maximum drawdown ». C’est un bon repère pour estimer le risque d’un actif financier.

Il est difficile de se montrer patient lorsque notre patrimoine dédié à la retraite fond comme neige au soleil jusqu’à disparaître de plus de la moitié.

Heureusement pour nous, l’investissement en bourse ne se résume pas à l’investissement en action

Comment réduire considérablement le risque d’un investissement en bourse ?

Nous devons réduire sa volatilité et son « maximum drawdown » (= sa chute maximale)

Comment réduire la volatilité d’un portefeuille d’investissement boursier ?

En réalité, le plus important, c’est la diversification d’actifs décorrélés.

Nous devons construire une approche qui vise non pas à améliorer la performance annualisée d’un portefeuille boursier, mais plutôt à réduire au maximum la volatilité (le risque) tout en préservant au mieux la performance.

Spoiler

Cette approche obtient des résultats absolument convaincants. Vous regretterez d’avoir tout misé sur les fonds en euros.

Comment faire ?

Eh bien le peu à faire, je vais le faire pour vous.

Sachez que de nombreuses règles de construction de portefeuille peu risqué existent. Nous allons étudier rapidement deux solutions :

  • Le portefeuille permanent (permanent portfolio) de Harry Browne.
  • Le portefeuille toutes saisons (All-weather) de Ray Dalio.

Construction d’un portefeuille financier performant, sans risques

Allocation cible des portefeuilles

Ces deux méthodes répartissent le portefeuille sur plusieurs actifs :

Je n’aime pas la construction du « all-weather » original, pour des raisons que j’évoquerai dans un prochain article. J’ai donc modifié sa répartition en supprimant l’actif « matières premières ». Je le remplace tout simplement par d’avantage d’or :

Cela présente l’avantage de réduire encore plus sa volatilité tout en améliorant sa performance. Nous le constaterons un peu plus tard.

Ces deux allocations d’actifs nous viennent tout droit des Etats-Unis. Vous l’avez probablement remarqué, elles sont concentrés sur le marché financier américain.

Je vous rappelle que l’objectif consiste à se créer un portefeuille performant et très peu risqué. De facto, il devra être peu volatile. Nous privilégions une performance stable, régulière avec peu de baisses en cas de crise financière et de krach boursier.

Simulations historiques des portefeuilles

Ci-dessous, le résultat d’un test simulé de ces deux portefeuilles dans le passé, depuis 1978 (date à laquelle remontent les données auxquelles j’ai accès) :

Croissance des allocations d'actifs du Permanent portfolio et All Weather originaux

C’est une échelle logarithmique, la moindre chute importante serait parfaitement visible.
Remarquez la régularité de la courbe qui progresse tranquillement au fil des années. Elle se joue des crises financières.

Comparons cette courbe avec le marché actions. On va prendre le plus performant sur la période, le marché actions américain :

Alors oui, ces stratégies de portefeuille ne font pas mieux que le marché actions. Mais rappelez-vous que l’objectif n’est pas la performance, mais la réduction du risque. En continuant la lecture, vous aurez de bonnes surprises !

Réduction de l’impact des krachs boursiers

Observez les courbes, la volatilité du marché actions est bel et bien visible. La crise du début des années 2000 et la crise des subprimes de 2008 sont flagrantes. Nos deux portefeuilles ont clairement bien résisté :

ea chute maximum pour le marché actions a été de -50,97 % pendant le krach de 2008.
Cette chute aura duré 1 an et 4 mois entre novembre 2007 et février 2009. C’est seulement en août 2012, soit 3 ans et 6 mois après le point bas, que l’indice S&P500 retrouvera le niveau de novembre 2007. Presque 5 années séparent les deux points hauts. Voilà pourquoi le marché actions a mauvaise presse malgré sa performance à long terme.

Le portefeuille « toute saison » fait beaucoup mieux en matière de chute maximum : lors de la crise des subprimes en 2008, il a baissé de 12,66 % entre mars 2008 et octobre 2008. Il retrouvera son niveau de mars 2008 en août 2009, soit à peine plus d’un an.

Rendements annualisés

Le rendement annualisé moyen de chaque allocation depuis 1978 est de :

  • Pour le portefeuille permanent : 8,60 % par an
  • Pour le portefeuille toute saison : 9,47 % par an

Le rendement d’un placement actions américaines sur le S&P 500 s’élève à 11,45% par an.
Ce sont bien sûr des données brutes : Il n’était assez difficile à l’époque d’investir de la sorte. Les frais étaient aussi bien plus élevés et ces rendements ne tiennent pas compte des frottements fiscaux.
Malgré cela, je préfère un placement à 10%/an qui génère frais et impôts que l’on peut toujours optimiser, qu’un placement à 3% /an NET.

Diversification des portefeuilles

C’est bien beau tout ça, mais on nous dit toujours qu’un portefeuille financier doit être diversifié pour réduire le risque… C’est vrai.
La diversification de nos deux allocations d’actif est-elle acceptable et peu risquée ?
Clairement : non. Surtout pour nous, Européens. Ces deux portefeuilles sont exposés intégralement au marché américain, si l’on met l’or de côté.
Ils ne respectent donc pas les règles de diversification. Il nous expose :

  • au risque de change (évolution défavorable de l’euro face au dollar).
  • Aux risques d’inflation décorrélés entre États-Unis et Europe.
  • Au risque lié à l’économie américaine

Afin de réduire ces risques, je vais modifier la répartition d’actif pour chaque portefeuille :

Cela complique un peu la lecture, mais en réalité ce que j’ai fait est très simple :
Mis à part l’or, j’ai réparti en parts égales les actifs américains avec leurs équivalents européens ou mondiaux.
Ainsi, la part en action est exposée à l’économie mondiale (plus exactement, les grandes entreprises des pays développés).
Les obligations sont également équitablement réparties entre États-Unis et Europe, sur toutes les échéances.

Simulation sur les portefeuilles diversifiés

La simulation de ces portefeuilles qui incluent les nouveaux actifs diversifiés ne remonte pas à 1978. En effet, les données historiques nécessaires ne sont pas disponibles. Nous pouvons tester jusqu’en 2008, soit 11 ans en arrière :

Allocation Toutes saisons

L’allocation 1 représente l’allocation originale de Ray Dalio.
L’allocation 2 représente l’allocation originale sans les matières premières et plus d’Or.
L’allocation 3 représente mon allocation diversifiée.

Qu’observe-t-on ?

La diversification a eu un double effet kiss cool qui fait du bien :
La performance est améliorée tout en réduisant le risque !

Ratio de Sharpe : Le ratio de Sharpe met en exergue la performance d’un fond en rapport avec le risque pris. Sa lecture est simple : Plus il est élevé, plus la sur-performance a été gagné sans prise de risques supplémentaire.

Allocation portefeuille permanent

L’allocation 1 représente l’allocation originale.
L’allocation 2 représente mon allocation diversifiée.

Le résultat est semblable. La performance est à peine meilleure sur la période, mais le risque a bien diminué : la chute maximale est de -11,45 % pendant la crise de 2008.

Portefeuille sans risque vs marché actions

Comparons maintenant nos deux portefeuilles diversifiés avec le marché actions.

Face à un indice représentatif des actions françaises dividendes NETS réinvestis :

Face aux actions américaines représentées par le S&P500 (l’indice est calculé dividendes réinvestis par nature) :

Récapitulatif :

Un portefeuille financier performant, diversifié et peu risqué

Objectif atteint ! Voilà un portefeuille adapté à notre zone de pouvoir d’achat : la zone euro. Il est également bien mieux diversifié :

  • Grâce aux obligations d’États des deux économies les plus stables.
  • Avec une allocation actions exposée à l’économie mondiale dans son ensemble.
  • Sans oublier un petit peu d’or qui jouera son rôle de valeur refuge : si les investisseurs fuient le marché actions dans un environnement de hausse des taux généralisé.

Ces portefeuilles ont obtenu un rendement respectif de 7,69 % et 6,22 % pour l’allocation « toute saison » et « portefeuille permanent ». Les baisses maximums respectives, en plein krach boursier, atteignent seulement les 10,36 % et 11,45 %. C’est dire que dans notre exemple, on commence par une des plus importantes crises financières… et pourtant nos deux allocations dégagent un rendement très intéressant.

Face aux fonds en Euros

Comparons avec le placement préféré des Français : les fonds Euro. Oui, ceux-là sont garantis. Et ça, on aime : ils récoltent des milliards !

La performance moyenne des fonds en euros sur la période est d’environ 2,8 %.
Sur la même période, un placement de 10 000 € devient :

  • Pour le « toute saison » :  23 885 €
  • Pour le « portefeuille permanent » : 20 309 €
  • Pour le fond euros : 10 000 x 1.028^12 = 14 000 € environ

23 885 – 14 000 € = 9 885 €

9885 Euros

C’est ce que vous a coûté la garantie du fond euro depuis début 2008.

Il est vrai que je ne tiens pas compte de la fiscalité, des frais de transactions ou du “slippage” dans ce calcul (non, le “slippage” n’est pas une manière élégante d’enfiler un slip). Mais il faut reconnaître que la différence de rendement est énorme pour un risque à peine supérieur. Les frais, la fiscalité, ne sont pas très importants sur une telle stratégie passive.

Comment exécuter un tel portefeuille en pratique ?

Le rééquilibrage

Afin de garder un portefeuille au plus proche de l’allocation cible au fil du temps, vous devez le rééquilibrer. Un rééquilibrage annuel est non seulement suffisant, mais c’est celui qui dégage le plus de performance historique.

L’enveloppe d’investissement :

Sur une assurance vie ou sur PEA :

L’assurance vie et le PEA présentent l’avantage de leur enveloppe fiscale : Ce que vous ne payez pas en impôts et cotisations sociales continue de produire des bébés euros. Ces derniers feront à leur tour d’autres petits bébés.
En somme, c’est la puissance des intérêts composés à leur plein potentiel.

Mais en pratique, construire ces portefeuilles financiers sur ces supports est parfois assez difficile. En effet, leur accès au marché des ETFs est restreint.

Sur un compte titre :

Ici, on a plus de facilité. Un compte titre donne accès à une plus grande diversité d’ETFs, ce qui permet de construire plus facilement de telles stratégies d’investissement passif. Le revers de la médaille, c’est la taxation sur les plus-values. Elle grignote la performance.
Cela dit, cet effet est limité étant donné que nous mettons en œuvre une stratégie passive : un rééquilibrage annuel du portefeuille suffit. Seule la partie rééquilibrée du portefeuille, c’est-à-dire sur les gains réalisés, est soumise aux taxes et impôts. La majorité des gains restent donc latents, et continuent de faire des petits euros.
Je privilégie le compte titre pour sa flexibilité. Mais c’est un choix personnel, si votre assurance vie donne accès à tous les ETFs nécessaires, c’est un choix à privilégier.

Sélection d’ETFs

Le choix des ETFs est arbitraire. Rien ne vous empêche de les modifier. Les principales caractéristiques qui ont guidé mes choix sont :

  • Le traitement des dividendes : ETF capitalisant
  • Les frais : privilégier les moins chères
  • L’encours sous gestion : Privilégier les plus importants
  • Le modèle de réplication : privilégier une réplication physique.