Comment acheter des actions ? Le guide 2020 pour investir directement sur actions

Introduction

Il est possible d’acheter des actions grâce aux ETF. Toutefois, nous allons nous concentrer dans ce guide sur l’achat d’actions à l’unité. Vous y apprendrez les différentes manières d’aborder l’investissement sur actions et son intérêt.

L’achat d’actions direct n’est pas conseillé sans une formation minimum en commençant par les bases de l’investissement dans les marchés financiers.

Qu’est-ce qu’une action ?

Chaque action que vous détenez représente une part infime de l’entreprise qui l’a émise. Les actions sont un moyen simple de revendre, transférer, racheter des parts d’entreprises : ce sont des titres de propriété.

Une part d’entreprise

La plupart des formes d’entreprises sont découpées en un certain nombre d’actions. Cette quantité est définie dans ses statuts, dès la création. Être détenteur de toutes ces actions équivaut à être propriétaire de l’intégralité de l’entreprise, sans pour autant être responsable de sa gestion (le dirigeant peut être un salarié non actionnaire). La valeur d’une action est alors simplement la valeur de l’entreprise, divisée par le nombre d’actions. Le nombre d’actions est factuel, la valeur de l’entreprise purement arbitraire.

Formule de calcul de la valeur d'une action

Chacun des titres détenus vous donne un droit de vote exerçable lors des assemblées générales. Les dirigeants et actionnaires prennent les grandes décisions stratégiques lors de ces assemblées.

Les actions cotées ou non cotées en bourse

Nous l’avons vu à l’instant, une grande majorité des entreprises sont découpées en actions (sauf les entreprises individuelles). Les actions ne se limitent pas aux entreprises cotées en bourse, cela fait partie de la vie des entreprises qui nous entourent au quotidien.

Vous pouvez acheter des actions, directement auprès d’un actionnaire de n’importe quelle entreprise, cotée ou non. Pour cela, vous devez trouver un accord sur le prix de la transaction.

Ce sont des actions non cotées.

En vous dirigeant vers la bourse, vous accédez à toutes les entreprises qui se sont introduites en bourse : c’est une place de marché qui régule et met en relation les acheteurs et les vendeurs d’actions. Pour s’introduire en bourse, les entreprises doivent respecter certaines règles de régulation et transparence financière.

Les actions ordinaires ou de préférence

Les actions ordinaires

Intuitivement, on comprend vite que les actions ordinaires sont… ordinaires. En d’autres termes, ce sont les actions les plus communes, celles que vous rencontrez la plupart du temps.

Les actions ordinaires donnent droit aux dividendes, ainsi qu’un droit de vote pour élire les administrateurs. Dans la grande majorité des cas, les investisseurs ne s’intéressent qu’aux actions ordinaires.

Les actions privilégiées

À la différence des actions ordinaires, les actions de privilège ne donnent généralement pas de droits de vote. En revanche, elles offrent des avantages financiers :

Elles offrent souvent un dividende garanti (il ne peut pas être diminué)

En cas de liquidation de l’entreprise, les détenteurs d’actions privilégiées sont prioritaires aux autres actionnaires pour le remboursement de leurs parts. En revanche, ils passent tout de même après les créanciers (ceux qui détiennent la dette).

Les actions nominatives ou au porteur

Lorsque vous achetez des actions via un intermédiaire financier, vous êtes actionnaire au porteur : l’entreprise n’a pas connaissance de vos titres de propriété. C’est le cas de figure le plus fréquent et la majorité s’en contente.

Pour être au nominatif, vous devez vous déclarer auprès de l’entreprise. Certaines offrent des avantages afin d’inciter l’investisseur de long terme à garder sa position :

  • L’Oréal : Dividende augmenté de 10 % après 2 ans
  • Seb : Dividende majoré de 10 % après 2 ans, réductions sur le catalogue
  • Air Liquide : Dividende majoré de 10 % après 2 ans et 10 % de bonus sur les attributions d’actions gratuites.
  • Sodexo : Dividende majoré de 10 % après 2 ans.
  • Total : Accès au cercle des actionnaires.
  • Compagnie des Alpes : réductions sur les domaines skiables.

Pourquoi les entreprises émettent-elles des actions en bourse ?

Pour les entreprises, la bourse est un accès plus simple à une forme de financement : le financement par le capital.

L’introduction en bourse

L’introduction en bourse consiste à vendre tout ou partie des actions de l’entreprise sur les marchés financiers. Les entreprises en besoin de financement, qui souhaite mettre en œuvre un projet de développement de l’entreprise, peuvent décider de s’introduire en bourse. En effet, au moment de l’introduction en bourse, l’entreprise récupère l’argent investi par les investisseurs dans leurs actions.

Si l’entreprise a fixé le prix de l’action à 10 €, qu’elle vend 1 000 000 d’actions sur le marché, elle récupèrera 10 000 000 € pour financer ses projets de développement.

financement des entreprises en vendant des actions nouvelles

Bien sûr, une introduction en bourse est réglementée. L’entreprise fournit des documents financiers obligatoires et vend son projet d’avenir pour convaincre les investisseurs.

Le cours de l’action

Après son introduction en bourse et son financement initial, les entreprises ont d’autres moyens de se financer par l’intermédiaire d’opérations sur leur action.

Émission d’actions nouvelles

L’entreprise peut créer de nouvelles actions de manière régulière. Les nouvelles actions sont vendues sur le marché au prix du marché. En conséquence, plus le prix de l’action est élevé, plus l’entreprise récupère des sommes importantes lorsqu’elle émet de nouvelles actions.

Ces émissions d’actions sont dilutives car elles viennent s’ajouter au nombre d’actions total. Comme nous l’avons vu, précédemment, si le nombre d’actions augmente, cela influence la valeur de l’action à la baisse. Toutefois, si l’entreprise fait bon usage des sommes récupérées, l’opération peut être avantageuse à moyen terme.

Augmentation de capital

L’augmentation de capital est également une émission d’action, mais elle est beaucoup plus importante. Si l’émission d’actions nouvelles est utile pour le financement courant de l’entreprise, l’augmentation de capital concerne des sommes bien plus importantes.

L’entreprise émet un grand nombre d’actions pour financer un projet précis. Parfois, une augmentation de capital peut être catastrophique pour l’actionnaire, lorsqu’elle est réalisée par une entreprise en difficulté, forcée de réaliser l’opération à un moment où le prix de son action est très bas.

Regroupement d’action

Ce n’est pas une opération de financement, c’est une opération technique qui permet de repositionner le prix des actions dans une tranche de prix précise. Le regroupement d’actions est une fusion d’un certain nombre d’actions en une seule.

Par exemple, si vous détenez 10 actions A à 10 € chacune, l’entreprise réalise un regroupement d’action de 2 pour 1 :

Vous obtiendrez, après le regroupement plus que 5 actions A, mais chaque action vaudra 20 €. La somme totale investie est identique avant et après l’opération.

C’est une opération totalement neutre pour l’actionnaire. Les entreprises font cela pour diverses raisons.

Split

Un split est l’opération inverse du regroupement d’actions. Une action va être divisée en plusieurs. L’opération permet de diminuer le prix de l’action, souvent pour augmenter sa liquidité (plus d’échanges).

Pourquoi acheter des actions ?

Parce que les actions offrent un bon rendement

On le sait, les marchés boursiers dans leur globalité offrent des rendements annualisés dans une fourchette de 6 % à 10 %, selon les époques et les indices pris en compte. Ces chiffres sont le résultat de la somme de milliers d’actions, dont certaines ont fait faillite, d’autres ont perdu de la valeur, d’autres ont explosé à la hausse.

Investir dans les actions c’est essayer de sélectionner celles qui auront les meilleurs résultats à l’avenir. Cela peut se conclure sur des performances exceptionnelles pour les plus talentueux.

Voyez ci-dessous à quel point acheter des actions peut vous mener vers des expériences différentes. En investissant 1000 $ sur Netflix ou ArcelorMittal en 2010 :

Netflix

ArcelorMittal

  • Investir sur Netflix aurait transformé vos 1000 $ en 57 800 $ grâce à l’évolution très favorable de son action.
  • Investir sur Arcelor Mittal aurait transformé vos 1000 $ en 91 $

Cette comparaison des extrêmes met en exergue le rapport performance/risque dans l’investissement en action et la nécessité de bien se former dans l’investissement en bourse pour éviter les pièges.

Parce que les actions sont liquides

En comparaison avec tout autre investissement (immobilier, art, vin, collections, etc.), les actions présentent l’avantage d’être liquide. La liquidité représente le volume d’actions disponibles à la vente et à l’achat. En conséquence, vous pouvez revendre vos actions à tout moment et retirer le cash. En 24 h, vous retrouvez vos liquidités sur votre compte courant.

Parce que les actions sont variées

Actuellement, plus de 600 000 entreprises sont cotées en bourse à travers la planète. C’est une offre d’une diversité considérable. Vous y trouverez toujours des opportunités. Vous pouvez acheter des business dans n’importe quel pays, dans n’importe quel secteur d’activité et à tout moment.

Parce que c’est participer à leur financement

Acheter des actions est un acte utile économiquement, car on améliore les possibilités de financement de l’entreprise dont on se porte acheteur. Cela, à condition d’aborder la bourse sous le point de vue de l’investissement, et non pas celui du trading ou de la spéculation.

En conséquence, vos choix et décisions d’investissement peuvent aussi être guidés par une morale, une éthique, propre à chacun. En tant qu’investisseur, vous choisissez d’investir dans des entreprises actives dans certains secteurs et pas dans d’autres.

Comment acheter des actions ?

Par l’intermédiaire d’un établissement financier

Pour acheter des actions, vous devez détenir un compte auprès d’un intermédiaire financier : votre banque, ou un intermédiaire spécialisé appelé courtier en bourse.

Les intermédiaires généralistes

Ce sont les banques traditionnelles. La plupart offrent un service “bourse” et vous permettent d’ouvrir un compte titre ou un PEA. N’étant pas spécialisés, ils sont souvent assez onéreux, leurs services de moins bonne qualité. Leurs frais de courtage sont rarement compétitifs, ils ajoutent également d’autres coûts. Beaucoup commencent à boursicoter par l’intermédiaire de leur banque, mais les coûts impactent trop les gains.

Les intermédiaires spécialisés

Un courtier en bourse est un intermédiaire financier spécialisé dans ce métier. Ils permettent d’obtenir des tarifs généralement plus avantageux, l’accès à un plus grand nombre de places boursières et des outils plus avancés ou plus intuitifs. Puisqu’ils proposent leur service sur Internet, on les appelle aussi des courtiers en ligne.

Envoyer vos ordres

Depuis l’interface de gestion de votre compte, vous devrez rechercher l’action que vous souhaitez acquérir puis envoyer un ordre d’achat. Plusieurs types d’ordres d’achat existent, mais le plus recommandé est l’ordre “LIMIT”. Vous fixez le prix et si un ou des vendeurs acceptent votre prix, la transaction est réalisée. Votre intermédiaire financier enoi l’ordre vers la place boursière où cote l’action. Il déduit alors les frais de courtage de votre compte.

Comment savoir quelle action acheter ?

Acheter une action peut nous faire vivre des expériences parfaitement opposées selon nos choix initiaux. Pour déterminer quelles actions acheter, plusieurs approches sont envisageables. Elles ont chacune leurs avantages.

L’analyse fondamentale

analyser les fondamentaux d'une entreprise avant d'acheter des actions

C’est l’approche la plus évidente pour un investissement de long terme. C’est l’analyse fondamentale qui permet de débusquer des opportunités comme l’a été celle de Netflix.

Une analyse fondamentale est une analyse du business de l’entreprise sous tous ses aspects :

  • Ses États financiers : comptes de résultats, bilans, etc.
  • Ses rapports annuels : Perspectives, orientation stratégique de l’entreprise, projets d’investissements, etc.
  • Son univers concurrentiel : Avantage concurrentiel, nombre et qualité des concurrents, brevets, etc.
  • Les perspectives macro-économiques : L’entreprise évolue dans un secteur à fort potentiel ou en récession probable ?
  • La gouvernance et l’actionnariat : L’équipe de direction est elle efficace, a elle une vision d’avenir ? Quels institutionnels sont à l’actionnariat ? Des États actionnaires ?
  • La sensibilité à une réglementation : Quel est le risque de voir une nouvelle loi/réglementation impacter l’entreprise ?

L’analyse fondamentale permet d’avoir une vue d’ensemble de l’entreprise et d’investir avec confiance.

Si vous connaissez bien les fondamentaux de vos investissements, vous n’avez plus à vous soucier des variations du prix à court terme. Également, vous serez moins influencé par les conseils aussi variés que nombreux et contradictoires. En revanche, cette approche est très exigeante en termes de compétences et de travail d’analyse.

L’analyse technique

Différentes figures d'analyse graphique

L’analyse technique rassemble les techniques basées sur les prix historiques :

  • Le chartisme (analyse graphique)
  • Les indicateurs techniques

En réalité, l’analyse technique c’est l’analyse de la psychologie du marché (l’ensemble des investisseurs qui interviennent sur le titre). Ce comportement de masse se retrouve dans l’évolution du prix au fil du temps. L’analyse technique tente d’en tirer profit en créant des séquences répétitives, identifiées dont l’issue statistique présente un biais suffisant pour en tirer un avantage.

L’exemple le plus courant est les supports et résistances. Ce sont des niveaux de prix qui sont disputés et qui ont permis un retournement de tendance par le passé. À l’approche de ces niveaux, les analystes “techniques” estiment que le retournement a plus de 50 % de chance de se produire à nouveau. Parfois, ils perdent. Mais sur un grand nombre d’opérations, ils savent tirer avantage des statistiques en leur faveur.

Il existe énormément de méthodes, de figures graphiques ou d’indicateurs.

Ainsi, certains investisseurs se contentent de repérer les actions avec une certaine configuration graphique pour déterminer laquelle acheter. On se rapproche davantage de la spéculation, même si cette méthode est parfaitement applicable sur des horizons de long terme.

L’investissement quantitatif

Acheter des actions avec l'analyse des données quantitative

Ce sont des modèles d’investissement mathématiques, basé sur les données fondamentales et de prix. Les modèles quantitatifs tentent de repérer une typologie précise d’entreprises qui surperforme le marché de manière continue et prévisible. En d’autres termes plus simples, vous sélectionnez un panier d’actions relativement important avec des caractéristiques communes.

Par exemple, une stratégie quantitative simple pourrait être de sélectionner un portefeuille de 20 actions qui répondent à ces critères :

  • Dividende supérieur à 4 %
  • Hausse constante du dividende depuis 5 ans
  • Hausse constante du chiffre d’affaires depuis 5 ans
  • Dettes inférieures à 10 ans de bénéfices nets
  • Classés par dividendes décroissant

Vous investissez alors dans les 20 premières actions de la liste et refaites l’opération une fois par mois. Vous réalisez un rééquilibrage du portefeuille afin qu’il soit toujours composé des actions qui répondent aux critères.

La méthode CAN SLIM est une méthode hybride entre l’investissement quantitatif et l’analyse fondamentale : Vous filtrez une liste d’action avec une méthode quantitative, puis vous écumez selon des critères fondamentaux précis.

Comment savoir quand acheter une action ?

Acheter des actions

Le moment où l’on décide d’acheter une action peut avoir une importance non négligeable sur le résultat final. Plusieurs approches permettent de savoir quand acheter une action.

De manière arbitraire

Beaucoup d’investisseurs pensent qu’il est vain d’essayer d’optimiser le moment d’acheter. Puisque la bourse est imprévisible à court terme, ils estiment que les réussites ne suffisent pas à compenser les ratés. En effet, attendre un meilleur prix peut vous mettre dans une situation délicate, un vrai dilemme :

Imaginez que vous avez une conviction sur une entreprise qui cote à 10 €. Vous attendez, car vous pensez que le prix pourrait descendre à 8 € et offrirait alors une meilleure opportunité. Pendant l’attente, le prix monte, monte et monte encor : l’action est à 15 €. Que faites-vous ? Ce cas de figure est un vrai dilemme !

C’est pourquoi beaucoup d’investisseurs ne se posent pas la question du “quand” et se contentent du “quoi”. Lorsqu’ils repèrent une opportunité, ils achètent à des moments précis et déterminés d’avance. Souvent en fin de mois, lorsqu’ils abondent leur compte de l’épargne mensuelle.

Avec l’analyse technique

Nous avons abordé l’analyste technique dans le paragraphe “quelle action acheter”. Mais l’analyse technique est surtout pertinente pour déterminer le moment de l’achat. Les investisseurs qui l’utilisent vont rentrer en position lorsque le prix de l’action approche un prix support.

L’analyse technique permet l’optimisation des gains grâce à l’amélioration des prix d’achat.

Sans jamais se poser la question du “quand”

C’est une option. Après tout, le vrai travail déterminant est dans la sélection des bonnes actions. L’optimisation des prix d’achat se termine souvent par un résultat opposé au résultat souhaité. Vous pouvez très bien décider de ne pas vous poser la question et d’acheter tout simplement au moment où vous avez fini votre travail de recherche et de sélection.