Assurance vie PEA et CTO: Quelle enveloppe fiscale pour vos investissements ?

Tout ce qu'il faut savoir pour choisir entre l'assurance vie, le PEA et le CTO

Quelle enveloppe fiscale choisir ? Les points clés

  • L’assurance vie pour la succession et l’imposition à la sortie
  • Le PEA pour l’imposition à la sortie et l’investissement sur actions
  • Attention aux frais de l’assurance vie qui peuvent anéantir l’avantage fiscal
  • Le CTO sans avantages fiscaux, mais sans restrictions : Une meilleure performance compense la fiscalité.

Pour bien investir en bourse, il est capital de prendre en compte le volet fiscalité, sans faire de la défiscalisation l’objectif ultime. La performance joue un rôle central.

Qu’est-ce qu’une enveloppe fiscale ?

Une enveloppe fiscale est un cadre légal dans lequel vous pouvez obtenir des avantages fiscaux, sous forme de réductions d’impôts. Elles sont créées dans l’objectif d’orienter l’épargne vers tel ou tel actif financier afin de les soutenir. L’enveloppe fiscale définit les règles, les limitations et octroie cette réduction d’impôt pour vous inciter à y investir.

Par exemple, le PEA a pour objectif d’aider les entreprises européennes par l’afflux de capitaux sur les actions d’entreprises européennes.

L’avantage fiscal permet d’améliorer les rendements nets à long terme en diminuant les charges fiscales sur les gains réalisés dans ces enveloppes.

L’assurance vie

L’enveloppe est plébiscitée par les Français avec un encours de presque 1800 milliards d’euros !

Principe

L’assurance vie est accessible pour tous, à tout âge. Elle permet d’investir sur les marchés financiers par le biais de divers instruments financiers.

Supports d’épargne : Une assurance vie multisupport

Le fond euro

C’est lui qui fait le succès de l’assurance vie pour une raison simple : le capital investi est garanti. La sécurité de l’épargne a souvent été le critère numéro 1 des Français, d’où le succès des fonds euros. Toutefois, les fonds déposés au sein d’une assurance vie sont garantis à hauteur de 70 000 € maximum par le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) en cas de faillite de l’assureur. Pensez donc à multiplier les contrats d’assurance vie auprès de différents assureurs.

Les unités de compte (UC)

Ce sont des fonds d’investissement. Ils présentent l’avantage de pouvoir diversifier les actifs. En effet, les fonds d’investissement (OPCVM) peuvent investir aussi bien sur des actions que des obligations, de l’or ou de l’immobilier. Ils permettent donc de diversifier votre épargne facilement, en échange du paiement des frais :

  • Frais de souscription.
  • Frais de gestion.
  • Frais de retraits.
  • Frais de performance.
Les ETF

Les ETF sont comparables aux fonds d’investissement, à la différence qu’ils sont cotés en bourse. Les ETF sont dans bien des domaines, plus avantageux que les fonds d’investissement traditionnels. Ils permettent d’apporter une importante diversification, tout en étant moins chargé en frais et souvent plus performant.

Modes de gestion

Vous pouvez opter pour deux modes de gestions sur vos placements en assurance vie :

En gestion pilotée, avec un mandat de gestion, c’est un gérant professionnel qui décide de l’allocation de votre portefeuille. Il gère le plus souvent 10 portefeuilles différents correspondant à des profils de risques : plus vous recherchez de la performance et acceptez le risque, plus votre portefeuille contiendra des actions, et moins d’obligations.

En gestion libre, c’est vous-même qui construisez votre allocation de portefeuille et décidez des changements.

Succession

Ne confondez pas l’assurance vie et l’assurance décès, qui n’ont aucun rapport. L’assurance vie est un produit de placement, l’assurance décès est une assurance (prévoyance). En revanche, l’assurance vie offre des avantages sur les droits de succession.

Lors de l’ouverture d’une assurance vie auprès d’un assureur, le souscripteur a la possibilité de renseigner une clause bénéficiaire qui permet de désigner le ou les successeurs. Ceux-ci seront les héritiers des sommes présentes dans l’assurance vie. Ces sommes seront léguées sans frais de succession jusqu’à un montant de 152 000 € par bénéficiaires désignés.

L’assurance vie est un excellent outil de transmission de votre patrimoine financier.

Fiscalité

L’assurance vie n’est soumise à aucun plafond, les versements sont illimités. Elle offre en plus des avantages fiscaux faisant de cette enveloppe une excellente niche fiscale :

Les gains et plus-values ne sont taxés qu’au rachat des fonds.

Cela signifie que vous profitez des intérêts composés en continuant à faire travailler toute l’épargne placée en assurance vie.

Exonération d’impôts après 8 ans de détention

Lorsque votre assurance vie a 8 ans et si sa valeur est de moins de 150 000€, vous êtes exonéré d’impôts sur le revenu pour les gains inférieurs à 4600 €. Cela signifie que vous paierez uniquement les charges sociales de 17,2 %, au lieu d’une flat tax de 30 %. Au delà, les gains sont taxés à 24,7%.
Si la valeur de votre assurance vie est supérieure à 150 000€, il n’y a aucun avantage fiscal.

Avantages et inconvénients

L’assurance vie bénéficie d’énormément d’avantages :

  • La fiscalité avantageuse des gains et des droits de succession.
  • Le fond euro pour un placement en capital garanti
  • La possibilité de faire gérer son portefeuille ou de le gérer soi-même
  • L’absence de plafond de versements

En contrepartie, l’assurance vie présente aussi des inconvénients :

  • Vous ne pouvez pas acheter des actions directement, mais uniquement des fonds d’investissement sur actions.
  • La liste des fonds disponibles dépend de l’assureur et ne permet pas toujours de faire ce que l’on souhaite.
  • Les frais se cumulent :
    • Les frais de l’assureur
    • Les frais des fonds
    • Les frais de la gestion sous mandat

Le plan d’épargne en actions PEA

Principe

Le PEA est également une enveloppe défiscalisée. Un PEA vous permet d’investir sur des actions françaises et européennes, mais aussi sur certains ETF éligibles au PEA. Chaque résident français peut ouvrir un seul et unique PEA, y compris les jeunes de 18 à 25 ans encore rattachés au foyer fiscal de leur parent (depuis la loi PACTE).

Les versements sont plafonnés à 150 000 €, mais la valeur totale du PEA peut dépasser cette somme en comptant les gains et plus-values réalisés au sein du PEA.

Vous pouvez ouvrir un PEA auprès de votre banque, mais il est préférable de comparer avec les courtiers en bourse, car ceux-ci ont des offres souvent plus avantageuses.

Fiscalité

Tout comme l’assurance vie, le PEA est une niche fiscale permettant d’éviter l’impôt sur les gains réalisés.

Taxation uniquement des sommes retirés

Avant 5 ans de détention, le retrait partiel des fonds n’est pas possible, vous devez clôturer le PEA et opter pour la FLAT taxe ou la déclaration au barème de l’impôt sur le revenu.

En revanche, vous ne subissez aucune taxation tant que les fonds restent dans le PEA.

Exonération d’impôts et retraits partiels après 5 ans de détention

Après 5 années de détention, le PEA permet de retirer une partie des fonds. Ces fonds sont totalement exonérés d’impôts sur le revenu, seules les contributions sociales, à hauteur de 17,2 %, doivent être réglées.

Avantages et inconvénients

Face à l’assurance vie, le PEA offre un avantage fiscal comparable, mais plus précoce : 5 années suffisent. En revanche, vous n’avez aucun avantage pour la succession de votre patrimoine situé dans un PEA.

Le PEA offre la possibilité d’acheter des actions directement, même si elles sont limitées aux actions françaises et européennes. Vous pouvez y loger des actions de sociétés cotées en bourse, mais également des actions de sociétés non cotées.

Le PEA est complémentaire de l’assurance vie. À avantage fiscal équivalent, il vous permet d’élargir la gamme d’ETF disponibles, mais aussi de tenter de profiter de belles aventures boursières en investissant dans des entreprises que vous estimez d’avenir.

Le compte titre ordinaire CTO

Le CTO c’est le couteau suisse de l’investisseur. Il est sans limites, flexible et permet de mettre en place toute sorte de stratégies d’investissement.

Principe

Le CTO est un compte dans lequel vous pouvez loger toute sorte d’instruments disponibles sur les marchés financiers internationaux. Des fonds d’investissements, des actions, des obligations, mais aussi des instruments plus spéculatifs : options, futures, CFD, etc.

Il n’a intrinsèquement aucune limitation, si ce n’est celles du courtier chez qui vous le détenez.

Fiscalité

La fiscalité du CTO est standard :

Chaque gain réalisé est inclus dans la déclaration des revenus en cours. Si vous achetez une action A en 2020 et la vendez en 2021, vous devrez déclarer vos gains ou pertes, sur votre déclaration de revenus de 2021. Vous optez alors soit pour la FLAT taxe à 30 %, soit au barème de l’IR.

Avantages et inconvénients

La possibilité de loger la totalité des instruments financiers existants sur les marchés financiers constitue à elle seule l’avantage déterminant du CTO.

La déclaration régulière aux impôts des pertes et bénéfices peut être contraignante, surtout si votre courtier ne fournit pas d’IFU complet et fiable (déclaration préremplie). Cela est d’autant plus vrai lorsque vous investissez sur des supports plus complexes, comme les devises, les futures, les obligations.

 Tableau comparatif

Faut-il privilégier les enveloppes défiscalisées ?

Il peut paraître évident que les enveloppes défiscalisées comme l’assurance vie ou le PEA présentent plus d’avantages. L’assurance vie par exemple présente des atouts supplémentaires, comme les droits de succession. Mais concentrons-nous sur l’objectif principal d’un placement financier : la croissance du capital. Chacun pourra peser le pour et le contre en tenant compte de sa situation personnelle, de ses objectifs et des caractéristiques annexes de chaque enveloppe fiscale. 

L’avantage fiscal offre sur le papier un atout considérable, grâce à l’effet boule de neige des intérêts composés. Nous verrons que le tableau est bien plus nuancé.

La puissance des intérêts composés

Lorsque vous investissez sur une enveloppe fiscalisée, les revenus de votre placement sont soumis à l’impôt, chaque année. Les dividendes et les plus-values réalisées dans l’année doivent être déclarés dans votre déclaration de revenus annuelle. Vous paierez donc des impôts dessus, généralement un forfait de 30 %.

Dans le cadre d’une enveloppe défiscalisée, les plus-values ne sont imposées qu’au retrait des sommes, ou à la clôture du compte. Les sommes que vous ne payez pas s’accumulent année après année et participent à la performance, puisqu’elles sont investies.

Ce faisant, votre investissement va progresser de manière exponentielle comparativement au même investissement réalisé dans une enveloppe fiscalisée.

Pour illustrer le phénomène, observez le graphique ci-dessous. Il représente un placement identique, l’un réalisé dans une enveloppe fiscalisée, l’autre défiscalisée.

  • Investissement initial : 1000 €
  • Rendement annualisé : 8 %
  • Roulement du portefeuille : 20 % (la part des titres qui sont vendus chaque année et qui déclenchent l’impôt)
  • Fiscalité : 30 %

 

Observez l’accélération de la valeur du placement défiscalisé sur les dernières années.

  • La courbe claire représente la valeur réelle du placement telle qu’elle est sur les relevés.
  • La courbe foncée représente la somme réellement utilisable si vous retirez votre argent du compte (fiscalité déduite).

Que pouvons-nous lire encore sur ce graphique ? L’utilisation d’une enveloppe défiscalisée, d’un point de vue du rendement annuel, fait la différence après 15 années de détention. En deçà, la différence est faible, au-delà des 15 ans, la différence devient très marquée année après année.

Les contraintes des enveloppes défiscalisées

Pour bénéficier de l’avantage fiscal, vous êtes soumis à certaines contraintes, limitations. Par exemple, dans un PEA vous ne pouvez loger que des actions européennes ou certains ETF. L’assurance vie propose elle différents véhicules financiers, comme des fonds d’investissement ou des fonds garantis. En revanche, la liste des instruments disponibles est fortement limitée et dépend de l’assureur qui gère votre contrat.

Sur ces points-là, le CTO prend l’avantage. En effet, il n’a aucune limitation.

Nous avons vu précédemment à quel point la défiscalisation peut augmenter la performance d’un placement aux caractéristiques identiques.

Et si la flexibilité du CTO permettez de réaliser des investissements aux caractéristiques différentes ? Autrement dit, peut-on tirer avantage de cette flexibilité pour augmenter les performances de nos placements ?

Si oui, à quel point faudrait-il augmenter cette performance pour dépasser un investissement financier défiscalisé ?

Tentons de répondre à ces questions.

Des meilleures performances avec le CTO ?

Le CTO apporte une diversité d’investissement bien plus large que les enveloppes fiscalisées :

  • L’accès aux actions internationales.
  • Une quantité et variété d’ETF beaucoup plus importante.
  • Des ETF sur obligations, sur l’or, sur les matières premières.
  • Des produits financiers de couverture pour les investisseurs avancés.

Avec un peu de talent et d’expérience, il est tout à fait envisageable d’obtenir des performances légèrement supérieures sur un CTO en profitant des multiples possibilités offertes pour s’adapter à la situation du marché.

Admettons que vous en êtes capable, quelle serait la performance supplémentaire à obtenir pour compenser la fiscalité ? Ci-dessous, comparons l’évolution à long terme d’un placement aux mêmes caractéristiques que précédemment. Si nous faisons varier uniquement le rendement annualisé du portefeuille fiscalisé (CTO) : 

Pour lire le graphique, observez les courbes foncées, qui représentent la valeur réelle de votre compte si vous en retirez l’intégralité.

Le placement défiscalisé a un rendement de 8 %, comme précédemment. C’est le placement fiscalisé à 10 % de rendement annuel qui prend le dessus. Il faut donc, dans notre cas d’étude, améliorer ce rendement de quasiment 2 % par an pour compenser les pertes fiscales.

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Conclusion

Il est évident qu’en tant que bon investisseur vous devez détenir au moins une assurance vie et un PEA dès que vous commencez à investir en bourse. Cela vous permettra de profiter de l’avantage fiscal alors que vous êtes toujours en phase de construction patrimoniale.

Cela dit, et malgré le discours habituel, nous pensons que le CTO devrait avoir une place majeure dans votre stratégie de capitalisation. Face à l’assurance vie et ses frais récurrents, un léger coup de pouce à la performance sur CTO est suffisant pour obtenir de meilleurs résultats à long terme. À condition de gérer vos investissements vous-même.

Le PEA permet de supprimer les frais, mais le manque de supports d’investissement peut avoir un impact réel sur sa performance.

Il est donc intéressant de mixer les enveloppes, afin de ne subir aucune restriction et de profiter d’avantages fiscaux lorsque cela est possible.